- L’instrument spatial le plus complexe jamais réalisé en Espagne pour le
compte de l’ESA
- Astrium España à la tête de l’industrie européenne dans la fabrication de
cet instrument innovant destiné à prendre le pouls du cycle hydrologique de la
planète
Pour mener à bien sa mission, le
satellite est donc équipé de cet unique instrument, véritable joyau
technologique qui fait appel à des techniques de mesure innovantes, jamais
testées auparavant dans l’espace. Jamais auparavant il n’avait été possible de
mesurer ces paramètres depuis l’espace sur l’ensemble du globe et de façon
régulière ; c’est pourquoi l’ESA a qualifié ce projet de « révolution
scientifique ». Les instruments radiométriques traditionnels auraient
nécessité une antenne de 10 m de diamètre qu’aucun
lanceur actuel n’aurait été capable d’emporter.
MIRAS comporte
trois bras en configuration « Y » et une structure centrale de
soutien. Une fois ses bras déployés, l’instrument présente une envergure de 8 m de diamètre et pèse 360 kg. Il compte 69 antennes réceptrices
réparties le long des trois bras et du corps central. Grâce à cet instrument,
le satellite dispose d’un champ de vision de 1000 km, dans lequel il effectuera jusqu’à 80
mesures différentes. Au total, il réalisera quinze révolutions de notre planète
par 24 h et produira tous les trois jours une carte complète de la surface
terrestre avec une résolution de 50 km par pixel et
une profondeur d’un centimètre. L’instrument est basé sur une plate-forme
Proteus fournie par Thales Alenia Space. Initialement prévue pour trois ans, la
durée de vie utile du satellite pourrait être étendue à deux années
supplémentaires.
Les paramètres comme l’humidité du sol
et la salinité des océans présentent un intérêt scientifique primordial pour
comprendre le cycle de l’eau de notre planète, puisqu’ils permettront de
réaliser des modèles de prévisions atmosphériques, océaniques et hydrologiques.
La salinité, par exemple, joue un rôle majeur dans la circulation des océans et
entraîne la formation de phénomènes climatiques connus sous le nom d’El Niño ou
de La Niña, qui
provoquent inondations et sécheresses. L’évaporation et la filtration de l’eau
dépendent du degré d’humidité du sol et de la teneur en eau de la végétation,
et constituent des variables clés pour comprendre le cycle hydrologique et
surveiller les réserves d’eau douce de la planète. Les avantages d’une mission
de ce type sont donc innombrables car, en saisissant mieux le cycle hydrologique
de la Terre, les
scientifiques pourront sensiblement améliorer les applications comme la
météorologie, la climatologie, l’océanographie, la gestion des risques,
l’agriculture, l’hydrologie, les ressources marines, le développement urbain,
etc.
D’autre part, le programme a contribué à
doper la compétitivité du secteur spatial transpyrénéen qui, à cette occasion, fait
valoir sa faculté d’assurer la maîtrise d’œuvre d’activités système. Ce projet
a été un véritable catalyseur pour la capacité technologique du pays car c’est
la première fois que l’Espagne, par le biais d’Astrium, assure la maîtrise
d’œuvre d’une mission pour le compte de l’ESA, tout en réalisant un instrument
extrêmement innovant sur le plan technologique, excédant toutes les attentes.
Ce programme
revêt une importance stratégique pour l’Espagne. Outre le fait d’avoir renforcé
les capacités de l’industrie spatiale espagnole, il a aussi ouvert la porte à de
nouveaux programmes comme les deux satellites d’observation de la Terre, NGENIO et PAZ, également
conduits par Astrium España. Par ailleurs, grâce à la qualité du travail
réalisé sur SMOS, l’Espagne est de nouveau maître d’œuvre d’un instrument de
l’ESA, destiné cette fois au satellite Sentinel-3. Enfin, la suite de la
mission SMOS est à l’étude dans le cadre d’un programme opérationnel baptisé
SMOSops pour Eumetsat.
En qualité de maître d’œuvre, Astrium a
signé en juin 2004 un contrat de 61 millions d’euros pour la fabrication de la
charge utile du satellite. La gestion du projet constituait un défi de taille puisqu’il
s’agissait de combiner un large spectre industriel avec les exigences de la
communauté scientifique pour réaliser ce télédétecteur sans précédent.
SMOS est, à la suite de GOCE, la
seconde mission spatiale d’exploration de la Terre. La prochaine sera Cryosat-2,
également conduite par Astrium.
Astrium España est une holding constituée par les deux filiales
spatiales espagnoles d’EADS : EADS CASA Espacio et Astrium CRISA.
Astrium est une filiale d’EADS dédiée
aux systèmes et services spatiaux civils et militaires. En 2008, Astrium a
réalisé un chiffre d’affaires de 4,3 milliards d’euros avec plus de
15 000 employés en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Espagne et aux
Pays-Bas. Ses trois principaux domaines d’activité s’articulent autour
d’Astrium Space Transportation pour les lanceurs et les infrastructures
orbitales, Astrium Satellites pour les satellites et les systèmes sol et
Astrium Services pour le développement et la fourniture des services satellitaires.
EADS est un leader mondial de l’aérospatial, de la
défense et des services associés. En 2008, EADS a enregistré un chiffre
d’affaires de 43,3 milliards d’euros avec un effectif de plus de
118 000 personnes.
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